Mourir ? Ne plus souffrir ? : Le choix de la fin de vie
Le débat sur l'euthanasie, ou plus exactement, l'abrègement des souffrances d’un malade par un tiers est plus que jamais relancé. A 80 ans, Léonie Crevel, a été condamnée à deux ans de prison avec sursis pour avoir « mis fin aux souffrances » de sa fille de 41 ans handicapée. Jugement clément ou peine sévère ?Crevel et Humbert : même choix, deux procédés
Le cas Crevel est quelque peu différent de l'affaire Humbert , largement médiatisée en 2004. Dans le deuxième cas, c’est "l' acharnement thérapeutique" qui était mis en cause. Mais lorsqu'on voit aujourd’hui les progrès faits par exemple en matière de cancers, on se demande vraiment où cet acharnement commence-t-il ? A partir de quel seuil la douleur du patient est jugée incurable ? Il y a deux ans, la loi s'était saisie de cette « social issue » à la suite d'une mission parlementaire sur la fin de vie. Une réponse législative politiquement acceptable avait été déterminée : l’autorisation pour le médecin traitant, par une procédure médicale collégiale, « de limiter ou d’arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n’ayant d’autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie ». Le cas Crevel a peu à voir avec cet acharnement thérapeutique. Le médecin n’est plus en cause mais la personne privée, la décision personnelle du parent.
Au-delà de l’acte
Mais comment Léonie Crevel en est-elle arrivée à étrangler sa fille ? Il faut aller bien au-delà de l’abréviation des souffrances ; au-delà de cet infanticide, différent de l’atrocité du crime de Véronique Courjault. Ici, c’est la société qui se retrouve sur le banc des accusés. Encore aujourd’hui, il existe des personnes très âgées, vivant seules, sans aide particulière, en charge d’enfants malades. Les maux de la société française sont encore là, dans l’actualité quotidienne ; l’épisode de la canicule est loin d’avoir éveiller les esprits à la solidarité, à la compassion, à l’humanité tout court.
L’euthanasie, un débat de société
L'euthanasie est un sujet difficile et sensible mais primordial dans notre société vieillissante et durement touchée par des fléaux comme le cancer ou la maladie d’Alzheimer. L’intervention définitive de la loi pourrait permettre d'éviter que les passions se déchaînent comme c'est le cas en ce moment. Cela rationaliserait aussi cette prise de décision et faciliterait le travail des médecins. Cependant, légiférer sur un tel problème de société s'avère délicat tant les circonstances divergent et les implications sont importantes. Le principal danger étant l’abus à des fins plus criminelles et vénales que compassionnelles. Que faire alors ? L' idéal reste bien évidemment de respecter la décision du malade, et donc de la connaître au préalable. L’inscription des volontés de chacun sur la puce de la carte Vitale est largement préconisée. Cependant, statuer au cas par cas serait une option bien plus consensuelle ; la décision d’euthanasie prenant en compte des considérations qui dépassent largement le matériel et le rationnel.
Le cas Crevel est quelque peu différent de l'affaire Humbert , largement médiatisée en 2004. Dans le deuxième cas, c’est "l' acharnement thérapeutique" qui était mis en cause. Mais lorsqu'on voit aujourd’hui les progrès faits par exemple en matière de cancers, on se demande vraiment où cet acharnement commence-t-il ? A partir de quel seuil la douleur du patient est jugée incurable ? Il y a deux ans, la loi s'était saisie de cette « social issue » à la suite d'une mission parlementaire sur la fin de vie. Une réponse législative politiquement acceptable avait été déterminée : l’autorisation pour le médecin traitant, par une procédure médicale collégiale, « de limiter ou d’arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n’ayant d’autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie ». Le cas Crevel a peu à voir avec cet acharnement thérapeutique. Le médecin n’est plus en cause mais la personne privée, la décision personnelle du parent.
Au-delà de l’acte
Mais comment Léonie Crevel en est-elle arrivée à étrangler sa fille ? Il faut aller bien au-delà de l’abréviation des souffrances ; au-delà de cet infanticide, différent de l’atrocité du crime de Véronique Courjault. Ici, c’est la société qui se retrouve sur le banc des accusés. Encore aujourd’hui, il existe des personnes très âgées, vivant seules, sans aide particulière, en charge d’enfants malades. Les maux de la société française sont encore là, dans l’actualité quotidienne ; l’épisode de la canicule est loin d’avoir éveiller les esprits à la solidarité, à la compassion, à l’humanité tout court.
L’euthanasie, un débat de société
L'euthanasie est un sujet difficile et sensible mais primordial dans notre société vieillissante et durement touchée par des fléaux comme le cancer ou la maladie d’Alzheimer. L’intervention définitive de la loi pourrait permettre d'éviter que les passions se déchaînent comme c'est le cas en ce moment. Cela rationaliserait aussi cette prise de décision et faciliterait le travail des médecins. Cependant, légiférer sur un tel problème de société s'avère délicat tant les circonstances divergent et les implications sont importantes. Le principal danger étant l’abus à des fins plus criminelles et vénales que compassionnelles. Que faire alors ? L' idéal reste bien évidemment de respecter la décision du malade, et donc de la connaître au préalable. L’inscription des volontés de chacun sur la puce de la carte Vitale est largement préconisée. Cependant, statuer au cas par cas serait une option bien plus consensuelle ; la décision d’euthanasie prenant en compte des considérations qui dépassent largement le matériel et le rationnel.

