Loi sur le Génocide des Arméniens : colère à Ankara
Génocide arménien : la France légifère, la Turquie en colère

Jeudi 12 Octobre, 106 députés ont voté en première lecture le projet de loi socialiste relatif à la négation du génocide arménien ; cet acte devient un délit passible d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende.
La question de la reconnaissance du génocide arménien qui a fait entre 1 200 000 et 1 500 000 victimes est à nouveau l’objet de vives controverses aussi bien dans l’Hexagone qu’en dehors de nos frontières. Réactions violentes à Ankara, manifestations devant l’Ambassade de France, menace de boycott des produits français... En une journée, moins d’un cinquième de la représentation nationale française vient de porter un « coup dur » aux relations franco-turques, pour reprendre les mots du Ministre turc des Affaires Etrangères, Abdullah Gül.
Cette levée de boucliers en Turquie vient s’ajouter à l’indignation de bon nombre d’Historiens, hommes politiques, et juristes. Les premiers s’insurgent contre cette intrusion de la Loi dans l’Histoire. Effectivement, peut-on légiférer sur l’Histoire ? Si c’est le cas, alors pourquoi ce choix, ou est-ce le premier d’une longue liste de lois mémorielles ? Le massacre des Indiens d’Amérique, le « génocide » cambodgien de Pol Pot, ou encore le génocide au Rwanda ; la liste est loin d’être exhaustive. On parle aussi d’enjeu électoral. Faible argument face à la petite communauté arménienne estimée seulement à 500 000 personnes. Coup médiatique, créer l’évènement... Pourquoi pas ? Mais cette loi n’a fait la une du 20h que le jeudi, loin derrière la migraine de Nicolas Sarkozy et l’histoire des bébés congelés. C’est un contre-évènement !!!! Aussi bien à l’Assemblée Nationale où seulement 121 députés étaient présents que sur la scène publique. Cela reste un débat d’intellectuels qui ne passionne guère la masse ; ce qui est loin d’être étonnant. Combien de Français et Françaises seraient capables de placer l’Arménie sur une carte, de citer sa capitale ? Une chose est certaine. Ce texte ne fait pas l’UNANIMITE.
Mais la France a-t-elle vraiment les moyens de donner des leçons de vertus aux autres pays ? De quoi se mêle-t-on, pourrait-on se demander ? On pourrait fustiger l’initiative française mais il fallait bien que quelqu’un fasse le premier pas et donne l’exemple pour atténuer enfin les cicatrices du peuple arménien et entamer un processus de réconciliation européenne voire universelle. Ce sont ces petites choses qui démontrent que ça frémit, qu’il se passe quelque chose, que les gens ont l’ambition d’avancer. Toutes les nations qui ont fait un saut significatif ont dû à un moment donné, faire les ruptures nécessaires, dans la douleur toujours, pour accoucher d’une aube nouvelle, capable de porter les changements indispensables. Face à leur ambition d’intégrer l’Union Européenne, il est temps pour les Turcs de prouver au monde entier leur attachement aux valeurs des droits de l’homme.

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