La violence refait la une du JT
La violence conjugale n'est pas nouvelle. Ni la violence dans le sport; l'histoire des hooligans ou tout simplement de supporters vélés se confondant, tous azimuts, avec l'histoire du football. Seulement voilà! Cette semaine, ces actes de violence, et tant d'autres, viennent occuper la une de l'actualité française, venant gonfler les « chroniques de la violence ordinaire ».
42 sujets sur la violence dans le journal télévisé de TF1 dans la semaine du 19 novembre. Le champ de ce que l'on considère comme de la violence s 'étend aujourd'hui dans les médias des violences urbaines aux violences au sein du couple et de la famille, de la violence pédophile aux violences sur personnes ou sur institutions. Et, hasard, pur hasard, est rajoutée désormais à cette liste la violence des supporters de football surtout après le drame qui s'est déroulé jeudi 24 novembre au Parc des Princes où un supporter a été tué par un policier. Le terme « violence » est ainsi utilisé pour décrire des situations différentes les unes des autres et surtout transitoires pour la plupart. Conséquence, les journaux télévisés des grandes chaînes publiques et privées ne rendent plus compte de quatre ou cinq évènements distincts mais étoffent tous les jours, un seul et même phénomène : la violence dans la société française, et effet cumulatif oblige, sa montée. Les sujets changent. Le matraquage demeure.
Mais est-ce la violence qui augmente ? Ou l'intolérance et la vigilance à son égard ? Et, de quelle violence s'agit-il ? De délinquance ? Celle qui engendre l'insécurité ? On se sait vraiment plus. Tout n'est que confusion. Pour les grandes chaînes hertziennes, la violence est vraiment là. Qu'importe le ou les auteurs, les journalistes nous proposeront toujours une bonne scénarisation. Cest ainsi que quatre molosses « tueurs », qui, « en bande organisée », ont attaqué leur maîtresse ouvrent les journaux télévisés du 22 novembre dans la rubrique « Violence ». Leur mauvaise « éducation » est pointée du doigt ; les journalistes recueillent les témoignages d'experts, de voisins qui ne sentent plus en « sécurité », qui ont peur tout simplement ; le Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, annonce des mesures à l'égard de ces chiens dangereux. Ce n'est pas sans rappeler ces jeunes des banlieues, qui, à plusieurs, agressent des personnes, créent la terreur dans leurs quartiers. TOUS DELINQUANTS!!!
Par tous ces reportages, s'il y a bien une chose qui subsiste en parallèle, c'est l'émotion suscitée. Avec cette déferlence de cas de violence, le téléspectateur se dit de plus en plus « Cela peut m'arriver ». Comme en 2002, cette théâtralisation, cette mise en scène de la violence fait monter l'anxiété, la peur. Mais l'insécurité fera t-elle la campagne de 2007 ? Il est trop tôt pour se prononcer mais une chose est certaine, elle fera toujours plus vendre que le chômage ou les 35 heures.

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